Georges Moustaki

Georges Moustaki, de son vrai nom Giuseppe Mustacchi, naît en Égypte de parents originaires de l’île de Corfou. Il grandit dans un environnement multiculturel et se passionne vite pour la littérature et la chanson française. Son père, libraire francophone, l’inscrit au lycée français d’Alexandrie. Georges vient en 1951 à Paris où il s’installe chez l’une de ses sœurs et son beau-frère, le poète Jean-Pierre Rosnay, lui aussi libraire et pour qui il fait du porte-à-porte en vendant des recueils de poésie. Par la suite, il devient journaliste, puis barman, ce qui le pousse à fréquenter des personnalités du monde musical de l’époque, notamment dans le quartier Saint-Germain-des-Prés. Il entend ainsi Georges Brassens se produire un soir ; c’est pour lui une révélation : il n’aura de cesse de faire référence à ce maître, allant jusqu’à adopter son prénom en guise de pseudonyme. En 1958, le guitariste Henri Crolla lui présente Édith Piaf pour laquelle il écrit une de ses chansons les plus connues : Milord. Durant les années 1960, il est compositeur et parolier pour les grands noms de la chanson française comme Yves Montand, Barbara et Serge Reggiani avec qui il se lie d’amitié. Sa différence d’âge avec Piaf lui inspire Sarah qui est tout d’abord interprétée par Reggiani avant de l’enregistrer lui-même à son tour. Il est également l’auteur de Ma solitude, Joseph et Ma Liberté ou encore La Longue Dame brune qu’il interprète en duo avec Barbara. Sa devise, tirée d’un écrit d’Antoine Blondin, est « l’homme descend du songe ». En tant qu’artiste engagé pendant les événements de mai 68, il écrit, compose et interprète Le Métèque. C’est un succès international qui marque un nouveau début dans sa carrière d’artiste. En janvier 1970, il fait son premier grand concert en vedette à Bobino. En 1973, son album Déclaration prend ses racines dans la musique populaire brésilienne (MPB). Il est aussi proche des mouvements trotskistes avec Sans la nommer où il personnifie la révolution permanente, une des théories principales de Trotski. Pendant les trois décennies suivantes, il parcourt le monde pour se produire, mais surtout pour trouver de nouvelles inspirations. Il meurt en 2013 à l’âge de 79 ans.